Le “Flow”, un état psychologique maximal

Le “Flow”, un état psychologique maximal

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L’état de flow, un état optimal, d’hyper concentration qui mêle sentiment de joie et de totale satisfaction.

Vous avez surement déjà entendu parler de cet état de flow, ou « la zone » lorsque d’un athlète (peu importe le niveau) s’est senti comme dans un état second lors d’un combat, où tout lui réussissait, où l’enchainement des mouvements étaient fluides et d’une grande simplicité pour lui. Ou ce basketteur qui enchaine les points sans aucune difficulté (voir vidéo ci-dessous). Certains parlent de “petit nuage” et d’autres d’ “état de grâce”. Quoi qu’il arrive, à ce moment là, le sportif est pleinement concentré sur sa tâche et sa motivation est à son maximum.

13 points en en 35 secondes

Un bel exemple de cet état de flow a été réalisé par Tracy McGrady en décembre 2004 au sein de la prestigieuse NBA dans un match qui opposait les San Antonio Spurs à Houston.

Comme vous pouvez le voir sur la vidéo rien ne peut l’arrêter, la réalisation technique est parfaite et tout lui réussit.

Stéphane Diagana dira que « la zone c’est un moment de grâce, de plaisir intense ».

Pelé, célèbre footballeur brésilien, dans une autobiographie en 2006, écrit « j’ai ressenti comme un étrange calme… une sorte d’euphorie. J’ai eu l’impression de pouvoir courir une journée entière sans fatigue, de pouvoir dribbler à travers toutes leurs équipes ou à travers tous, que je pouvais presque leur passer à travers physiquement

Aussi, un autre exemple avec Ayrton Senna, en 1988 lors du Grand Prix de Monaco : Et tout à coup j’ai réalisé que je ne conduisais plus la voiture consciemment. Je la conduisais comme instinctivement, mais j’étais dans une autre dimension. J’étais comme dans un tunnel. Pas seulement dans le tunnel sous l’hôtel : tout le circuit était un tunnel. Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J’avais largement dépassé la limite mais j’étais toujours capable de trouver plus. »

Quelques explications

Csikszentmihalyi, considéré comme le père fondateur du « Flow », le définit comme « un état d’activation optimal dans lequel le sujet est complètement immergé dans l’activité ». Pour compléter cette définition, Jackson (1992) a écrit que le Flow est « un état dans lequel les individus sont tellement immergés dans l’activité que rien d’autre ne semble avoir de l’importance ».

9 dimensions constitutives du flow

D’un travail de collaboration, ces deux chercheurs ont mis en évidence 9 dimensions constitutives du flow que nous expliquent Demontrond P. & Gaudreau P. dans la revue Staps 2008/1 (n° 79) :

  1. « La sensation d’un équilibre entre la demande de la tâche et les compétences personnelles ;
  2. La clarté des buts. Avoir des objectifs (buts) bien définis permet de diminuer l’incertitude ;
  3. L’union de l’action et de la conscience ;
  4. La perception de la transformation du temps avec 2 modalités :
    1. La situation est perçue comme se déroulant très lentement et donne le sentiment à l’athlète qu’il dispose de plus de temps qu’il n’a en réalité;
    1. Le temps est perçu comme s’écoulant rapidement, ce qui permet à l’athlète de supporter, par exemple, les douleurs inhérentes à la pratique ;
  5. La perte de conscience de soi ;
  6. La perception de « feedback clairs et précis » ;
  7. La concentration sur la tâche ;
  8. Sens du contrôle. On comprend ici que le sportif peut réaliser n’importe quelle action et de la réussir quel que soit le contexte ;
  9. L’expérience autotélique. Expérience agréable et enrichissante qui survient lorsque l’organise fonctionne au maximum de ses capacités. »

Pour conclure

Vous l’aurez compris le flow est donc un état psychologique maximal dans lequel le sportif (dans le cadre du sport car cet état peut se retrouver dans l’art, au travail, etc.) est concentré au maximum, les informations sont traitées de manière stratégique et l’attention reste focalisée sur l’action qui suit. Nous sommes là dans un équilibre total entre la perception des compétences personnelles et le niveau de la demande de la tâche. C’est donc le contraire du stress négatif qui amène le sportif à se sous évaluer face à la demande de la tâche. On peut noter que dans l’état de flow que la recherche de récompense se fait en interne. On parle de récompense intrinsèque.

Sources : Demontrond P. & Gaudreau P. dans la revue Staps 2008/1 (n° 79)